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[Éditions MF] Laurent Feneyrou : De lave et de fer. Une jeunesse allemande : Helmut Lachenmann

Ce livre est fait d’histoires, celles de l’extrême-gauche allemande et de sa radicalisation dans les luttes de la Fraction armée rouge (RAF), parmi d’autres organisations violentes. [...] Mais ce livre n’est pas un livre d’histoire, et moins encore d’historien. Mais ce livre n’est pas un livre d’histoire, et moins encore d’historien. Il n’en a ni les principes disciplinaires, ni les méthodes ni, surtout, la visée. Il ne s’agit pas ici de faire l’histoire de la Fraction armée rouge – la tâche serait considérable –, mais d’établir des faits saillants et d’étudier des discours, leur vocabulaire, leur rhétorique et leurs thèses, dont la portée se mesure autant à l’aune de l’histoire et de la politique qu’à celle de l’esthétique et, pour ce qui nous concerne, à la création musicale de ces années de plomb. Car c’est un livre plein de musique, et plus particulièrement de celle de Helmut Lachenmann. Non une monographie au sens strict, mais un essai autour de son œuvre et de la conscience sociale, politique et historique qui l’anime – gardons-nous d’user de l’expression de « musicien engagé ». (Extrait du livre)

Raconter une certaine histoire de l’Allemagne de l’Ouest, celle de ses mouvements d’extrême-gauche, de leurs manifestations et de leur radicalisation dans les combats de rue et les actions violentes de la Fraction armée rouge. Du début des années 1960 à la fin des années 1990. Relater quelques faits saillants et étudier des discours, leurs thèses et leur rhétorique.

Observer en regard, sans lien a priori, l’œuvre du compositeur Helmut Lachenmann (né en 1935). Y scruter son refus de l’habitude et sa conscience sociale, politique. Les mesurer à l’aune de cette histoire, mais aussi d’autres musiciens, Hans Werner Henze ou Luigi Nono dont il fut l’élève à Venise, et d’autres créateurs. À travers des excursus synthétisant d’éloquents ouvrages de sciences humaines ou commentant films, vidéos d’art, pièces de théâtre et œuvres plastiques, parmi ceux, innombrables, inspirés par ces années de plomb.

Instrument, geste, corps, lieu… Autant de médiations par lesquelles la musique de Lachenmann reflète ces situations de la plus grande tension, vibre de leurs déflagrations et de leurs soubresauts. En un temps de l’exception, de l’urgence, qui est également le nôtre.

Éditions MF

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Commentaire à [Éditions MF] Laurent Feneyrou : De lave et de fer. Une jeunesse allemande : Helmut Lachenmann

  1. Administrateur says:

    On trouvera ici une recension de l’ouvrage par Jean-Marc Warszawski. Extrait :

    En 1987, Helmut Lachenmann écrit une lettre à Luigi Nono, dans laquelle il avoue penser chaque jour à Gudrun Ensslin, qui « avec d’autres, ont essayé de déchirer le voile spectral, mais se sont déchirés eux-mêmes ». Il rend grâce à son ancien maître pour lui avoir permis de ne pas être aussi paralysé qu’elle. [...]

    La lecture de cette lettre, comme la petite ampoule de lumière des bandes dessinées, a poussé Laurent Feneyrou à mettre en un foisonnant essai l’exploration de ce questionnement, où se croisent et s’alchimisent plutôt que ne se mêlent la fureur du monde, l’engagement personnel et le collectif qui n’est pas le même, les choix esthétiques du compositeur et leurs justifications.

    Contrairement à la modestie d’évitement exprimée en introduction, il s’agit bien d’un livre d’histoire, puisqu’on y raconte de manière documentée ce qui fut, c’est bien un livre de musicologie, même si la discipline, après la chauffe des années 1970, est retombée dans un positivisme de géomètre et dans la vaine recherche de lois aussi philosophales que la pierre. C’est un livre qui conceptualise et qui voyage en trois étapes décennales, entre 1967 et 1997, de la particularité des partitions (ce n’est pas un frein à la lecture pour les non-musiciens), aux spécificités universalistes de la pensée.