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[Contrechamps] Janvier 2019

Ensemble Contrechamps

Sommaire

Rencontre avec…

… Christophe Egea, ingénieur du son

En images

Retour sur nos activités de médiation

6. L’Estonie & la Suisse

Voyage musical vers l’Est

Concert spécial

Hommage à Éric Daubresse

Éditions

Musique en dialogue #3

Rencontre avec…

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… Christophe Egea, ingénieur du son

Tu es ingénieur du son, sur quel type de projet travailles-tu ? Je sonorise principalement des concerts et fais quelques enregistrements. Je travaille avant tout à la HEM de Genève, et à côté, avec Contrechamps, aux festivals d’Archipel, de La Bâtie ou à celui de Lucerne. Je travaille aussi en collaboration avec Marie-Caroline Hominal depuis quelques années déjà. Je reste spécialisé dans la musique mixte et l’utilisation de systèmes de diffusion sonore complexes.

Comment définirais-tu ton métier en quelques mots ? Pour moi, l’aspect le plus important est de créer des conditions optimales pour les interprètes comme pour le public lors de la réalisation d’une œuvre. Cela implique d’être fiable, d’avoir l’air calme dans les situations de stress, de rendre les aspects techniques aussi simples que possible, et de favoriser une sensation de confort pour que les interprètes puissent se focaliser sur leurs performances. J’aime l’idée de créer de solides fondations permettant à d’autres de construire, être une sorte de bras droit. Et pour le public, il faut simplement être invisible, faire oublier l’interface technique pour mettre en valeur le contenu. Malheureusement, micros, câbles et enceintes ne sont toujours pas transparents.

Tu fais partie du Centre de musique électroacoustique de la HEM, quelles activités te plaisent le plus dans ce cadre ? Le CME est directement lié au département de composition de la HEM. Assister et, dans une certaine mesure, conseiller les étudiants est un véritable plaisir. Nous collaborons aussi régulièrement avec la classe de percussion et c’est toujours sympa d’être avec eux. Nous avons aussi la chance d’avoir un studio équipé d’un système de diffusion ambisonique dans nos locaux. Je me passionne pour ce type de technologies et les nouvelles possibilités qu’elles offrent à nos étudiants compositeurs en matière de créativité.

As-tu d’autres vies artistiques ? Je suis batteur de metal. Malheureusement, mon emploi du temps ne me permettait pas d’avoir la régularité nécessaire dans le travail de l’instrument pour fournir des prestations de qualité honorable. Ce style de musique est assez exigeant. Ne souhaitant pas pénaliser les membres de mon ancien groupe, Brokenhead, j’ai été contraint de mettre cette activité entre parenthèses. Je me contente de taper sur les tables en attendant la retraite !

Es-tu très investi dans la musique contemporaine, ou est-ce un domaine parmi d’autres ? Il y a de chouettes trucs ou des idées intéressantes venant d’horizons très variés. Dans la sphère privée, j’ai des goûts assez éclectiques. Mais d’un point de vue professionnel, la marge créative offerte par les productions contemporaines, tant artistiquement que techniquement, est bien plus importante que dans des styles plus codifiés. À mon sens, cela rend ce domaine bien plus motivant.

Ton plus joli souvenir musical ? C’est bien trop difficile comme question ! Le mari de ma gardienne qui jouait de l’accordéon. La découverte de l’album Smash. La première fois que j’ai entendu Désert en cours… Plus récemment, en 2017, j’ai participé à la Cathédrale Avec Des Briques d’Arturo Corrales. Quatre classes d’élèves du Cycle d’orientation, a priori non musiciens, ont passé une année à préparer une pièce contemporaine de presque une heure. Avec en point d’orgue un concert au Victoria Hall. Un moment extraordinaire et très émouvant.

Un CD/morceau coup de cœur actuellement ? Je crois que mon dernier réel coup de cœur remonte à près d’un an lorsqu’un collègue m’a fait découvrir le pianiste Tigran Hamasyan. Plus particulièrement ses albums Shadow Theater et Mockroot. Et encore plus particulièrement le morceau Drip. Sinon l’album Bluefly de Cyro Baptista me plaît beaucoup.

Aimerais-tu partager autre chose ? J’aurais juste voulu dire un mot sur Éric Daubresse, collègue et ami, qui nous a quitté le mois dernier. Beaucoup d’hommages lui ont été rendus, et sa brillante carrière a été évoquée à de nombreuses reprises. C’est plutôt de l’homme dont je souhaite parler : sa gentillesse, sa sagesse, sa sensibilité, sa discrétion, son empathie ou encore son humour. Son humanité était sans borne. J’espère que c’est cette image de lui que nous garderons en mémoire avant tout. Merci Éric pour tout ce que tu nous as donné.

Anecdote lors d’une représentation, collaborations ou autres ? Je crois que Raphaël Krajka, l’un des deux pianistes dans l’Ensemble Batida, est mon clone (à moins que cela ne soit l’inverse…). Le monde de la musique contemporaine étant assez petit, il n’est pas rare que l’on nous confonde. Le mois dernier, on m’a félicité pour l’obtention de la Bourse Leenaard !

En images

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Retour sur nos activités de médiation

© Tarvo Hanno Varres

6. L’Estonie & la Suisse

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Voyage musical vers l’Est

Dimanche 3 février 2019 – 11h
Studio Ernest-Ansermet, Genève

Dès 10h30 – Café-croissant avec diffusion de la pièce de Jüri Reinvere

Helena Tulve lumineux/opaque pour piano, violon et violoncelle (2002)
Heinz Holliger Induuchlen quatre Lieder pour contreténor et cor naturel (2004)
Jüri Reinvere Livonian Lament pour électronique (2003)
Katharina Rosenberger Gesang an das noch namelose Land pour violon, alto, violoncelle et installation de tapisseries (2013)
Arvo Pärt Passacaglia pour violon et piano (2003)

Daniel Gloger contreténor
Olivier Darbellay cor
Antoine Françoise piano
Maximilian Haft violon
Hans Egidi alto
Martina Brodbeck violoncelle
Christophe Egea ingénieur du son

Dans le cadre du centenaire de la fondation de la République d’Estonie, ce programme met en dialogue des compositrices et compositeurs estoniens et suisses dans une sélection d’œuvres mêlant références à la tradition, appétit pour l’expérimentation et attrait pour la transdisciplinarité. Helena Tulve connaît une carrière internationale et orchestre avec brio une musique qui met en avant la richesse des sonorités instrumentales. Autant compositeur que poète, Jüri Reinvere se plaît à briser les frontières entre les disciplines, tout en faisant référence à la problématique du postsoviétisme. Fidèle à ses nombreux hommages à la culture suisse, Heinz Holliger a recours dans Induuchlen à un historique cor naturel pour accompagner les poèmes d’Albert Streich en suisse-allemand. Quant à Katharina Rosenberger, compositrice tournée autant vers le monde instrumental traditionnel que vers le design sonore, elle a conçu son œuvre en relation avec les images d’Abdolreza Aminlari, artiste iranien basé à New York. On ne présente plus Arvo Pärt, grand compositeur estonien né en 1935.

© Ircam

Concert spécial

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Hommage à Éric Daubresse

Haute école de musique de Genève / Ircam / Ensemble Contrechamps

Mardi 22 janvier 2019 – 20h
Studio Ernest-Ansermet, Genève
Entrée libre

Gérard Grisey Prologue pour alto et électronique (1976)
Ariadna Alsina Tarrés Ne pleurez pas insectes (boue qui s’écoule…) pour soprano, violoncelle et électronique (2017)
Éric Daubresse Le Feu pour électronique (1982)
Gonzalo Bustos Temps de terre pour cajón et électronique (2017)
Emmanuel Nunes Nachtmusik pour cinq instruments et électronique (1977-1978), extraits

Ana María Villamizar soprano
Gabriel Valtchev cajón
Hans Egidi alto
Esther Lefebvre violoncelle
José-Miguel Fernandez réalisateur en informatique musicale Ircam
David Poissonnier et Christophe Egea ingénieurs du son
Ensemble Contrechamps
Clement Power direction

Avec la collaboration du Centre de musique électroacoustique de la Haute école de musique de Genève

Éditions

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Musique en dialogue #3

3. Une jeunesse allemande : Helmut Lachenmann

Mardi 15 janvier 2019 – 18h
HEM – Salle de la Bourse, 5 rue du Grütli, 1204 Genève
Entrée libre
Invité
: Laurent Feneyrou, chargé de recherches dans l’équipe Analyse des pratiques musicales (STMS-CNRS / Ircam / Sorbonne Université).
Modération de la conférence
: Ulrisch Mosch et Philippe Albèra

Dans De lave et de fer, Une jeunesse allemande : Helmut Lachenmann (musica falsa), Laurent Feneyrou met en regard l’expérience compositionnelle d’Helmut Lachenmann et les luttes violentes qui secouèrent l’Allemagne de l’Ouest dans les années 1960. D’un côté, une œuvre radicale, brisant le consensus idéologique et social là où il est le plus sensible : la musique ; et d’un autre, des actions rebelles visant une rupture non moins radicale sur le terrain politique. L’analyse de la musique de Lachenmann croise celle des documents laissés par les mouvements révolutionnaires, comme ceux de la Fraction Armée Rouge. C’est le portrait d’une jeunesse allemande héritière du traumatisme nazi et refusant les belles apparences offertes par la société bourgeoise.
Laurent Feneyrou est l’un des musicologues les plus actifs dans le domaine francophone
: auteur de nombreux articles et de plusieurs livres, il a aussi été l’éditeur et le traducteur des textes de Luigi Nono aux Éditions Contrechamps et a publié plusieurs volumes collectifs, consacrés à Bruno Maderna (chez Basalte), à Jean Barraqué (Sorbonne), Musique et Dramaturgie (Sorbonne), et les deux volumes de Théories de la composition musicale (avec Nicolas Donin, Symétrie).
Son dernier ouvrage Le chant de la dissolution (La Rue Musicale), dont il sera aussi question lors de cette rencontre, est consacré à des œuvres monumentales de Maderna, Nono, Barraqué, Feldman et Zimmermann.

Moment musical
Helmut Lachenmann Atem
Claire Michel de Haas, soprano
Robert Ziegler, flûte
Anna Ozdemir, violoncelle

Nous vous souhaitons un très beau début d’année et nous réjouissons de vous retrouver aux concerts !

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