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[Ensemble intercontemporain] Newsletter, janvier 2016


Ensemble Intercontemporain - jouer avec l'air du temps
L’instant M.

Pour son premier instant M. de l’année Matthias Pintscher dévoile une part du mystère entourant le projet No More Masterpieces qui sera présenté le 14 janvier prochain à la Philharmonie de Paris. 

No More Masterpieces : avouons-le, voilà un titre assez bizarre pour un projet très particulier. On s’en souvient sans doute : lorsque je suis arrivé à la tête de l’Ensemble intercontemporain l’un de mes plus grands souhaits était d’expérimenter des projets interdisciplinaires. Depuis, je suis à l’affut de personnalités susceptibles d’être intéressées par des collaborations faisant interagir la musique et d’autres arts. Je suis particulièrement attentif aux artistes en début de carrière, dont le regard neuf et l’enthousiasme n’ont pas encore été écornés par l’expérience. C’est ainsi que j’ai rencontré les trois jeunes néerlandais du Collectif 331/3. C’était à Brooklyn (New York), à l’occasion d’une représentation de BlueBeard, une création pour laquelle ils projettent leurs images sur les faces d’un cube, qui se démonte et se déconstruit au cours du spectacle, jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’une seule face. J’ai été très impressionné par ce travail sur un dispositif apparemment si rudimentaire, sur lequel ils ont bâti un discours incroyablement sophistiqué. En ne réduisant pas leur travail  à des projections sur un simple écran, ils donnent vie à d’autres types d’objets. Lorsque je suis allé leur parler, ils m’ont regardé avec de grands yeux pétillants. De là, nos discussions furent merveilleuses et pleines d’inspirations. L’un de leurs plus précieux atouts est d’être néophytes dans le domaine de la musique contemporaine. Ils ne connaissaient ainsi ni Wolfgang Rihm ni son Concerto Séraphin. Je leur ai suggéré d’aller y regarder de plus près. Parce que c’est une pièce emblématique de Rihm, qui porte en elle une formidable complexité sous une apparente simplicité et même une forme de folie, mais aussi et surtout parce que l’univers poétique d’Antonin Artaud, dont s’inspire la pièce, m’a paru être un sujet idéal pour eux.  Artaud a toujours laissé ses œuvres ouvertes pour que chacun puisse y pénétrer à sa guise. Après leur avoir suggéré le sujet, je les ai laissés « mijoter », et quand ils sont revenus vers moi, ils avaient leur concept. J’ai eu le sentiment d’avoir planté une petite graine dans un terreau extrêmement fertile et d’avoir vu la plante grandir puis s’épanouir sous mes yeux ! 

Jeudi 14 janvier, 20h30 à la Philharmonie de Paris

A voir sur Viméo la « bande-annonce » de No More Masterpieces

Photo © Edouard Caupeil

 
No More Masterpieces

Sous ce titre délibérément provocateur emprunté à Antonin Artaud se cache une expérience interdisciplinaire aussi inédite qu’insolite, l’un des derniers grands rendez-vous de la Biennale des arts numériques, Némo. Le collectif néerlandais 33 1/3 s’est emparé de l’univers étrange, radical et déroutant du poète français pour imaginer un « concert vidéo » au cours duquel un « objet vidéo cinétique » dialoguera en temps réel avec le Concerto Séraphin du compositeur allemand Wolfgang Rihm. Outre la vidéo, les trois artistes multimédia accordent une attention particulière au dispositif de projection : délaissant l’habituel écran, ils imaginent de véritables installations vidéo autour desquelles ils élaborent un discours qui relève du théâtre d’objets et de lumières. Dans No More Masterpieces, en réponse à la vertigineuse musique Rihm, ils ont conçu un écran géant en constante métamorphose, qui se plie, se déplie et se transforme au gré des images projetées dessus. Un spectacle total, halluciné, entre rêve et réalité.

Jeudi 14 janvier, 20h30 à la Philharmonie de Paris

Offre spéciale pour ce concert : Place à 10 € au lieu de 18 € avec le code avantage 16MASTERPIECES sur philharmoniedeparis.fr

Offre dans la limite des places et des quotas disponibles. Non valable sur les billets déjà édités et non cumulable avec d’autres réductions.

A voir sur Viméo la « bande-annonce » de No More Masterpieces et une auto interview du collectif 33 1/3  

 A lire sur notre webmag un entretien avec le collectif 33 1/3

 
Pépinière de talents

En ce début d’année place aux jeunes compositeurs avec ce concert au Conservatoire de Paris qui conclue un travail pédagogique original mené avec les solistes de l’Ensemble intercontemporain. Ils s’appellent Giulia Tolusso, Daniel Alvarado Bonilla, Fabien Touchard, Thomas Menuet, Grégoire Letouvet. Ils viennent des quatre coins du monde, sont élèves en classe de composition du Conservatoire de Paris, et auront ainsi la chance d’entendre une de leurs œuvres dans des conditions optimales. Ils pourront se confronter à la réalité sonore de leur écriture, en même temps qu’avoir un véritable retour pour affiner ou réorienter leurs concepts compositionnels. Une expérience unique pour assister à l’éclosion de nouvelles voix la composition musicale.   

Mercredi 6 janvier, 19h au Conservatoire de Paris.

Entrée libre sur réservation à reservation@cnsmdp.fr

 A lire sur notre webmag un article sur les cinq jeunes compositeurs au programme de ce concert. 

Photo DR

 
Week-end Stockhausen

Créateur hors normes, Karlheinz Stockhausen méritait bien tout un week-end à la Philharmonie ! Un de ces week-ends que l’Ensemble aime particulièrement investir pour entrer dans un univers de création.  Impossible, toutefois, de rendre compte de tous les aspects de l’œuvre de Stockhausen en deux jours. Aussi ce week-end se déclinera en deux volets : le premier soir resituera l’artiste dans son contexte historique, en tentant notamment une réconciliation post-mortem avec celui qui fut longtemps l’un de ses plus farouches rivaux : Bernd Alois Zimmermann. Ce sera l’occasion d’entendre l’œuvre fondatrice et visionnaire qu’est Gruppen, pour trois orchestres avec la participation enthousiaste de l’orchestre du Conservatoire de Paris. Le second soir, à la faveur d’un coup de projecteur sur l’année 1966, les solistes captureront pour nous un instantané des recherches de Stockhausen à cette date : entre expérimentation technologique et confrontation avec l’aléatoire…

Samedi 30 janvier, 20h30  et Dimanche 31 janvier, 15h à la Philharmonie de Paris

 En janvier sur notre webmag un article multimedia sur Gruppen

Photo DR

 
Entretien avec John Stulz, altiste 

Depuis le début de la saison 2015-16 l’Ensemble a une nouvelle recrue : John Stulz, altiste. Portrait en trois questions de ce  jeune musicien américain, enthousiaste et plein d’appétit. 

Qu’est-ce qui vous a poussé à intégrer l’Ensemble ?

Enfant, je rêvais déjà de jouer avec un ensemble comme celui-là. Et plus particulièrement l’Ensemble intercontemporain, qui est pour moi l’un des meilleurs dans son domaine et qui, de surcroit, est un éminent représentant d’une musique française qui m’est chère. Très tôt, j’ai aimé et étudié le répertoire contemporain. Adolescent, j’aimais déjà beaucoup les musiques de Boulez, Berio, Ligeti, Xenakis, et je m’essayais déjà à jouer certaines de leurs pièces… Suite de cet entretien à lire sur notre webmag. 

Photo © Franck Ferville 

 
A venir en février : Words and Music

Le langage : voilà un sujet de prédilection pour les compositeurs ! Et pas seulement le langage musical.  Le verbe, son pouvoir comme ses limites et ses impasses, constituent pour eux un inépuisable terrain de création. Pour preuve ce concert qui présente notamment Words and Music de Samuel Beckett, qui sera joué sur une création musicale du compositeur italien Ivan Fedele.  Écrit en 1962 pour la radio (BBC), et déjà mis en musique à l’époque par Morton Feldman, Words and Music met aux prises trois personnages allégoriques qui ne parviennent pas à s’entendre, au double sens du terme : Words, Music et Croak (croassement). Ivan Fedele, quant à lui, fait de cette courte pièce radiophonique une performance scénique à part entière. Se projetant dans le personnage de Music — ce personnage que, fait rare, Beckett a renoncé à écrire —, il fait appel à l’électronique pour « augmenter le potentiel musical » des grognements et gémissements de Croak, toute cette matière non-verbale vers laquelle tend l’esthétique beckettienne. Suite du programme à consulter ici

Mardi 9 février, 20h30 à la Philharmonie de Paris 

Photo Samuel Beckett © Ozok/Sipa

© Ensemble intercontemporain 2016

 


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