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[Ensemble intercontemporain] Actualités # Mars 20

   L’édito de Matthias Pintscher   


 
Dans son édito de mars, Matthias Pintscher nous fait visiter son cabinet de curiosités musicales…
 
Photo © Franck Ferville 


 
Gerhard Richter voue une grande admiration à Steve Reich. En hommage à celui-ci, il a réalisé, en 2002, une série d’œuvres peintes sur des photographies (réunies dans le livre City Life). En 2009, dans le cadre de son exposition au musée Ludwig à Cologne, le plasticien allemand a demandé au compositeur américain de jouer Music for 18 Musicians. Sept ans plus tard, ces deux géants de la création contemporaine se retrouvent à New York pour un nouveau projet associant une création musicale et un film réalisé en collaboration avec Corinna Belz à partir de la série Patterns (2011). Une nouvelle œuvre, tout simplement intitulée Reich/Richter, dans laquelle musique et images se fondent en une osmose totale, les variations des compositions de Reich répondant à celles des peintures de Richter. Également au programme, deux autres œuvres qui synthétisent le style du compositeur américain, entre déphasages, rythmes trépidants et kaléidoscopes de timbres
Samedi 7 mars, 20h30 à la Philharmonie de Paris
 

Gerhard Richter
 
+ un portrait de Steve Reich, compositeur
 
Concert enregistré par France Musique
 
Photos  : Steve Reich ©
Yannick Coupannec / Bridgeman Images  / Gerhard Richter © CTK / Alamy Stock Photo
 
Un cabinet de curiosités, c’est un lieu dans lequel on présente une multitude d’objets rares et singuliers. C’est ainsi que le programme de ce concert a été imaginé. Et, comme tout cabinet de curiosités qui se respecte, chacune des œuvres qui le compose a une particularité étonnante. L’instrumentarium, par exemple, est souvent insolite, la scène devenant alors elle-même un « cabinet de curiosités » :comme ce Feedback pour trois triangles et électronique de Gilbert Nouno, ou ce Glass Harmonica dont les sons cristallins n’ont pas manqué de stimuler l’imagination de la jeune compositrice serbe Hristina Susak. Les sources d’inspiration sont éclectiques :les folles arabesques du chèvrefeuille servent de modèle à Olga Neuwirth, tandis que Die Stücke der Windrose de Mauricio Kagel mêle indistinctement des « objets sonores » trouvés aux quatre coins de la planète. Enfin, pour son œuvre au titre étrange, Bosse, crâne rasé, nez crochu, Marc Monnet s’est inspiré d’un personnage du théâtre latin des Atellanes : Maccus. Et le compositeur d’ajouter :« C’est le caractère de l’anormalité qui m’a intéressé ». Voilà qui méritait bien une place de choix dans ce Grand Soir de curiosités musicales.
Vendredi 13 mars, 20h30 à la Cité de la musique
 
 + un entretien avec Marc Monnet, compositeur
 
Photo issue de la série Sasha © Claudine Doury / VU’
 
 
Dans le cadre du week-end « Elles » de la Philharmonie de Paris, deux jeunes compositrices italiennes, Clara Iannotta (photo ci-dessus) et Francesca Verunelli (photo ci-dessous), ont été invitées à choisir une œuvre de référence dans leur panthéon personnel du quatuor à cordes, afin de la mettre en perspective avec l’une de leurs propres œuvres. C’est ainsi que la première a choisi la figure tutélaire beethovénienne et son Quatuor à cordes n° 15 en la mineur, op. 132. Elle le met en relation avec son Ultimi Fiori pour violoncelle solo et électronique, pièce dans laquelle elle travaille la matière sonore en empruntant une technique propre à la décoration architecturale, le « sgraffito ». Quant à Clara Iannotta, son choix s’est porté sur une autre compositrice contemporaine, la Britannique Rebecca Saunders, dont l’approche charnelle du son relève plutôt de la sculpture, tandis que Iannotta elle-même s’intéresse à l’étirement extrême des phénomènes sonores dans dead wasps in the jam-jar (iii).
 
 
Photos :  Clara Iannotta © Manu Théoblad / Francesca Verunelli - DR
 
Destinée au cabaret, Die sieben Todsünden (Les Sept Péchés capitaux) est la dernière œuvre commune de Bertolt Brecht et Kurt Weill. Ce ballet chanté, créé en 1933 au Théâtre des Champs-Élysées, stigmatise avec une ironie mordante la société capitaliste à travers l’expérience d’une femme à la double personnalité, confrontée aux vices qui mènent le monde. L’entité moralisatrice qu’est la famille de la jeune fille est tournée en dérision, alors même que le regard porté sur ses aventures reste lucide et presque cynique. Habituée des chefs-d’œuvre musicaux, la chorégraphe Pina Bausch s’empare en 1976 de ces Sept Péchés capitaux avec un sens de la mise en scène féroce. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas en si bon chemin et, d’un ensemble de « chansons » pour la plupart tirées de Grandeur et décadence de la ville de Mahagonny ou de L’Opéra de quat’sous signés par les mêmes auteurs, elle concevra dans la foulée un spectacle tout aussi saisissant : Fürchtet euch nicht.
Du 24 au 29 mars, Théâtre du Châtelet 
 
+ sur Youtube un extrait des Sept Péchés capitaux de Pina Bausch
Photo © Laurent Philippe 
 
En 2014, l’Ensemble intercontemporain découvrait l’univers de création du jeune compositeur serbe Marko Nikodijevic. Une première rencontre suivie d’une deuxième à l’occasion des 40 ans de l’EIC, puis d’une troisième en juin 2018 avec le projet From Within… (« de l’intérieur »). Une production à la fois intime et spectaculaire, fruit de la collaboration entre Marko Nikodijevic et l’artiste audiovisuel et musicien électro Robert Henke. Le but poursuivi par les deux artistes est de « créer une expérience sensorielle totale, dans l’osmose  entre la musique et le dispositif lumineux ». Sur scène, une impressionnante structure de lumières LED réagit à une musique tantôt contemplative, tantôt déchaînée comme une tempête soudaine, venue de nulle part, ou peut-être de l’intérieur d’une dimension cachée.
Jeudi 19 mars, 20h à Bozar, Bruxelles
 
 + un reportage vidéo sur From Within...   
Photo © Dan Wilton 
À l’origine, L’Histoire du soldat de Stravinsky était non seulement récitée et jouée mais également dansée. Retour aux sources avec cette production originale qui réunit le comédien Éric Ruf, le danseur et chorégraphe Alban Richard et, bien sûr les solistes de l’Ensemble intercontemporain. Ensemble, ils célèbrent les génies combinés d’Igor Stravinsky et Charles Ferdinand Ramuz, dans ce conte moral au parfum faustien – même s’il est en réalité inspiré d’un conte traditionnel russe. Et l’on ne peut qu’acquiescer à cette maxime frappée au coin du bon sens poétique : « Un bonheur, c’est tout le bonheur, deux, c’est déjà trop .»
Dimanche 15 mars, 11h, Auditorium de l’Orchestre National de Lyon
 
 + un entretien avec Eric Ruf, comédien
 
Photo © Franck Ferville 

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