Instruments électroniques

De Doc.

La modification des paramètres dans la musique contemporaine a entraîné l’apparition de nouveaux instruments incluant les technologies apparues depuis peu. Ainsi, l’élargissement du monde sonore a permis de nouveaux gestes adaptés aux instruments électroniques.[1]

Dès le début du XXe siècle, l’instrumentarium traditionnel se développe. l'année 1919 est marquée par l’invention du thérémine, instrument dont « la hauteur et la dynamique [sont] contrôlées par la position spatiale de la main de l’interprète devant deux antennes réceptrices ».[2] Encore en usage de nos jours, il permet ainsi de travailler le son en temps réel. En 1928, Maurice Martenot invente un clavier électrique à oscillateur auquel il donne le nom d’« ondes Martenot » (l’instrument verra naître des concertos et des pièces de musique de chambre sous les plumes de Darius Milhaud, André Jolivet, Olivier Messiaen, Marcel Landowski, Giacinto Scelsi, Roger Tessier, Tristan Murail...). Pour mémoire, rappelons que dans leur jeunesse, Pierre Boulez et Tristan Murail étaient parmi les rares ondistes.

En 1950, de nouveaux systèmes apparaissent. On remplace la partie résonnante naturelle de l’instrument par un capteur et un amplificateur de sons (par exemple, un microphone et un haut-parleur). La guitare électrique utilise notamment ce principe (œuvres de Hugues Dufourt, Roger Tessier, François Bousch, Claude Ledoux...). La musique concrète utilisera le système des microphones au travers desquels elle captera les sons pour les retravailler ensuite. À la même époque, on produit artificiellement des sons purs ou impurs ; c’est le cas dans la « musique électronique » (Karlheinz Stockhausen, György Ligeti) où le matériau provient d'appareils traitant le signal sonore (générateurs, modulateurs...).[3]

L’apparition du synthétiseur en 1963 est une évolution considérable dans le domaine des instruments électroniques (opus de Sofia Goubaïdulina, Scott Johnson, Hugues Dufourt, François Paris, Jean-Baptiste Devillers...). Il offre en effet des possibilités sonores beaucoup plus nombreuses qu’auparavant grâce à un « ensemble de dispositifs modulaires électroniques […] dont l’agencement et la programmation permettent la création d’une grande variété de sons de synthèse, le jeu instrumental ou éventuellement le contrôle musical des sons, par d’autres systèmes ».[2] Peu à peu, le synthétiseur acquiert une certaine autonomie, se simplifie et se popularise. Mais il faut attendre 1983 pour que « la firme Yamaha présente le premier synthétiseur entièrement numérique avec une polyphonie de 16 voies ».[2]


Notes

  1. Les Nouveaux gestes de la musique (sous la direction de Hugues Genevois et Raphaël de Vivo), Marseille, Parenthèses, 1999.
  2. 2,0 2,1 2,2 Vignal, Marc (éd.), Dictionnaire de la musique, Paris, Larousse, 2001.
  3. Gentilucci, Armando, Introduzione alla musica elettronica, Milano, Feltrinelli, 1983 (4ème édition).
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