Notation

De Doc.

Depuis 1950, l’évolution des paramètres musicaux, la naissance de nouveaux langages ont inévitablement transformé la notation musicale et l’usage traditionnel de la partition. La pluralité des expressions musicales a fait apparaître une multitude de notations diversifiées. La partition est devenu un support non plus normalisé mais avec un langage propre à chaque compositeur, voire à chaque œuvre. Ainsi, de nombreux compositeurs utilisent encore une notation traditionnelle, tandis que d’autres ont complètement transgressé ce langage.[1]

Dans la musique aléatoire, la partition a représenté une impasse qu’il était nécessaire de transgresser. En effet, l’aspect « ouvert » de l’œuvre aléatoire impose une forme d’écriture beaucoup moins déterminée que la notation classique. La partition d’Archipel 4 pour piano d’André Boucourechliev (1970) présente par exemple une multitude de schémas rythmiques ou mélodiques, disposés sur une feuille de format très large, et à jouer dans un ordre choisi par l’exécutant. Dans ce cas, on peut dire que la partition inclut autant l’œuvre du compositeur que le choix de l’interprète (à ce propos, on a même parlé de « démission du compositeur »). Dans Aria de John Cage (1958), les signes habituels de notation musicale (notes, rythmes, silences etc.) sont absents. Différentes courbes ou traits de couleur figurent le timbre de la voix ainsi que les hauteurs.

Certaines partitions (de Morton Feldman, Earle Brown, Christian Wolff, Marius Constant, Anestis Logothetis, Dieter Schnebel, Cornelius Cardew, Milan Grygar...) utilisent ainsi des symboles graphiques, propres à l’œuvre et non « normalisés » dans un système. Dans Stripsody de Cathy Berberian (1966), la partition, plus proche de la bande dessinée que de l’écriture musicale, est constituée de dessins d’onomatopées, de personnages, figures diverses, etc.

De même, certains compositeurs utilisent le texte comme seule forme de notation musicale. Karlheinz Stockhausen ( Aus den sieben Tagen, 1968), Yoko Ono (Pamplemousse), Costin Miereanu ( Dans la nuit des temps), Jean-Yves Bosseur (Le Temps de le prendre) ou Pierre Albert Castanet (Livre ou Verre) sont adeptes de ces « partitions verbales ». Dans la musique électroacoustique, le support premier n’est pas la partition. Celle-ci, écrite après la finalisation de l’œuvre (en tant que « guide d’écoute »), est « destinée soit à la mise en espace de l’œuvre, soit à la synchronisation de la bande et des instrumentistes dans le cas de la musique mixte. »[2]


Notes

  1. Karkoschka, Erhard, Das Schriftbild der neuen Musik, Celle, Moeck, 2004.
  2. Mussat, Marie-Claire, Trajectoires de la musique au XXe siècle, Paris, Klincksieck, 2002.
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